Après plusieurs années de ralentissement lié aux restrictions sanitaires, la reprise des flux touristiques internationaux s’accompagne d’un phénomène préoccupant : la remontée du tourisme sexuel dans plusieurs régions du monde. ONG, institutions internationales et autorités locales alertent sur une dynamique qui, loin d’avoir disparu, semble retrouver de l’ampleur.
Selon plusieurs organisations spécialisées dans la lutte contre l’exploitation sexuelle, la reprise des voyages a ravivé des circuits déjà existants, parfois profondément ancrés dans certaines destinations. Les réseaux criminels, qui n’avaient jamais totalement cessé leurs activités, profitent désormais d’un retour massif des visiteurs pour réactiver leurs filières.
Les pays concernés ne sont pas tous touchés de la même manière. Certains voient réapparaître des formes d’exploitation liées à la pauvreté, à l’instabilité politique ou à l’absence de régulation. D’autres sont confrontés à des pratiques plus organisées, souvent liées à des réseaux transnationaux. Dans tous les cas, les acteurs de terrain soulignent que les victimes — souvent des femmes, parfois des mineurs — restent les premières exposées à cette reprise.
Les autorités locales tentent de réagir, avec des intensités variables : campagnes de prévention, renforcement des contrôles, coopération policière internationale. Mais les ONG rappellent que la lutte contre le tourisme sexuel nécessite des moyens durables, une coordination internationale et une volonté politique forte.
Pour les spécialistes, la recrudescence actuelle n’est pas un phénomène isolé, mais le symptôme d’un problème structurel : l’exploitation sexuelle demeure un marché lucratif, alimenté par des inégalités économiques persistantes et par une demande qui, elle, ne faiblit pas.





