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Perspectives d’AllianzGI pour le deuxième trimestre 2026 : lorsque l’incertitude grandit, la conviction est essentielle

Graphique illustrant les perspectives économiques 2026 d’AllianzGI, incluant inflation, énergie, IA et tendances des marchés financiers mondiaux.

Allianz Global Investors (AllianzGI) s’attend à ce que l’environnement de marché reste difficile au deuxième trimestre 2026, mais reste optimiste quant à l’évolution de l’économie mondiale. D’une part, les récentes tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont accru l’incertitude et fait grimper les prix de l’énergie, ce qui pourrait avoir des effets stagflationnistes sur la croissance et l’inflation. D’autre part, les investissements structurels continuent de soutenir la dynamique économique mondiale, en particulier dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA).

Comme indiqué dans la dernière édition de ses Perspectives T2 2026, AllianzGI s’attend à ce que l’économie mondiale continue de « plier sans rompre », malgré les récentes incertitudes. À l’heure actuelle, les prix du pétrole compris entre 90 et 110 dollars semblent gérables. Toutefois, si ces niveaux persistent pendant une période prolongée, ils pourraient peser à la fois sur la croissance et la stabilité des prix. Dans ce contexte, AllianzGI privilégie la diversification des portefeuilles à long terme, en mettant l’accent sur les stratégies de carry de qualité et les thèmes actions liés à l’autonomie stratégique et à l’IA. En ce qui concerne le dollar américain, AllianzGI reste fondamentalement prudent, malgré les gains à court terme liés à son statut de valeur refuge.Perspectives régionales : les tendances stagflationnistes influencent la politique des banques centrales

Christian Schulz, Chef économiste chez AllianzGI, analyse les développements macroéconomiques : « Après un début d’année étonnamment solide, nous prévoyons un ralentissement de la croissance aux États-Unis d’ici mi-2026. La hausse des coûts énergétiques devrait maintenir l’inflation autour de 3 %, soit une fois de plus au-dessus de l’objectif de 2 % de la Fed. Cela devrait inciter la banque centrale à réduire ses taux directeurs plus tard que prévu, pour les ramener à environ 3,5 % d’ici fin 2026. »

Pour l’Europe, Christian Schulz table sur une croissance modérée de 1 à 1,5 % en 2026, avec une dynamique positive en provenance de l’Allemagne. Dans le même temps, la hausse des prix de l’énergie devrait pousser l’inflation dans la zone euro au-dessus de l’objectif de 2 % de la Banque centrale européenne (BCE). « Dans ce contexte, nous estimons qu’il est probable que la BCE ne procède à aucune baisse de taux cette année et que le seuil pour des hausses soit bas »,déclare Christian Schulz.

Enfin, en Asieles perspectives économiques restent mitigées. Christian Schulz explique : « Alors que les mesures de relance budgétaire s’essoufflent en Chine, le Japon bénéficie de dépenses publiques supplémentaires. Cela devrait inciter la Banque du Japon à relever ses taux d’intérêt de 50 points de base supplémentaires cette année. »

Actions : autonomie stratégique, énergie et IA comme principaux moteurs

En ce qui concerne les investissements en actions, Michael Heldmann, CIO Equity, met en avant certaines tendances thématiques : « La volonté de l’Europe de renforcer son autonomie stratégique – notamment en matière de défense, mais aussi d’approvisionnement énergétique, de digitalisation et de santé – prend un élan considérable et devient un thème d’investissement d’importance mondiale. Parallèlement, la récente escalade au Moyen-Orient met en évidence la vulnérabilité persistante des chaînes d’approvisionnement énergétiques. Les secteurs concernés devraient en bénéficier. »

Michael Heldmann continue également de voir de solides moteurs structurels dans le secteur technologique. « L’IA est et reste un thème clé sur les marchés boursiers mondiaux. La Chine accélère l’adoption de l’IA et la demande mondiale en semi-conducteurs ainsi qu’en infrastructures énergétiques telles que les réseaux et les data centers augmente considérablement. » En termes de valorisations, le Japon et le Royaume-Uni restent les marchés les plus attractifs du point de vue d’AllianzGI.

Obligations : qualité, approche sélective et gestion active de la duration

Jenny Zeng, CIO Fixed Income, met en garde contre l’accentuation des disparités sur les marchés obligataires : « Dans un environnement de plus en plus volatil, les marchés récompensent la sélectivité. L’inflation alimentée par les prix du pétrole et la montée de l’aversion au risque envoient des signaux contradictoires pour les obligations. Dans ce contexte, les acteurs du marché devraient privilégier les rendements de qualité, la solidité des bilans et la gestion active de la duration. Les obligations d’État japonaises et britanniques, suivies des bons du Trésor américain, nous semblent relativement attractives dans ce contexte. »

En ce qui concerne les obligations d’entreprises, Jenny Zeng souligne que ce segment s’est révélé particulièrement stable malgré la volatilité accrue des marchés actions. « Au sein des marchés obligataires, les obligations Euro Investment Grade continuent de se démarquer comme offrant la meilleure valeur, bien que les obligations Investment Grade américaines aient réduit l’écart par rapport aux trois mois précédents. De plus, les obligations des marchés émergents peuvent offrir des rendements résilients et des avantages en termes de diversification. Les obligations asiatiques se distinguent particulièrement en raison de leur faible volatilité. »

Multi Asset : actions basées sur des convictions à long terme, matières premières sélectionnées

Gregor MA Hirt, CIO Multi Asset, dresse le tableau suivant pour l’allocation d’actifs : « Si nous restons optimistes sur les actions à long terme, nous sommes plus prudents à court terme, car la prime de risque liée au conflit au Moyen-Orient tempère notre conviction. En termes de valorisations, l’Europe, le Japon et les marchés émergents restent plus attractifs que les États-Unis. Parallèlement, nous restons convaincus des mérites des matières premières – l’or demeurant une conviction fondamentale à long terme et le cuivre faisant l’objet d’une surpondération, l’offre ne bénéficiant pas d’une demande robuste. Enfin, sur le marché des changes et compte tenu de la situation géopolitique, nous recommandons une approche tactique et flexible de l’exposition au dollar américain. Les investisseurs devraient également conserver, de manière générale, une certaine « réserve de liquidités » afin de saisir les opportunités d’entrée créées par la volatilité au cours des prochains mois. »

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