La persécution des chrétiens augmente dans une relative indifférence, comme si cette réalité, pourtant massive et documentée, glissait sur la conscience collective. Dans de nombreuses régions du monde, la violence antichrétienne progresse : vivre sa foi signifie affronter la peur, la discrimination ou l’exil. Les attaques contre des églises, les enlèvements, les pressions administratives ou sociales, les assassinats ciblés ne sont pas des faits isolés. Ils dessinent une tendance lourde, persistante, qui touche des millions de chrétiens persécutés.
Et pourtant, cette situation peine à franchir le seuil de l’attention publique. Elle ne mobilise ni les médias, ni les institutions, ni même parfois les sociétés civiles. Cette indifférence face à la persécution religieuse interroge. Elle révèle une gêne à évoquer la souffrance d’un groupe associé à une tradition majoritaire en Occident. Elle révèle aussi une fatigue face aux conflits identitaires, une peur d’être accusé de partialité, ou simplement une hiérarchie implicite des causes jugées dignes d’être défendues.
Mais la liberté religieuse n’est pas un privilège. C’est un droit fondamental. La discrimination religieuse, qu’elle vise des chrétiens, des musulmans, des juifs ou d’autres communautés, porte atteinte à la dignité humaine. Lorsqu’un individu est menacé pour ce qu’il croit, c’est l’idée même de liberté qui vacille. Et lorsque la société détourne le regard, elle accepte que certaines souffrances soient moins visibles, moins importantes, moins urgentes.
Reconnaître la persécution des chrétiens dans le monde ne revient pas à défendre une religion particulière. C’est affirmer que personne ne devrait craindre pour sa vie ou sa dignité à cause de sa foi. C’est rappeler que la défense des droits humains ne se choisit pas à la carte. C’est refuser que le silence devienne complice.
Sortir de l’indifférence, c’est regarder la réalité en face. C’est accepter que la lutte contre l’intolérance religieuse concerne tout le monde. Et c’est, surtout, tendre la main à ceux qui vivent dans la peur, loin des caméras, mais au cœur de ce que devrait être notre vigilance collective.






