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Action publique : l’analyse de Régis de La Rouillière

Illustration représentant l’État, ses services publics et les défis liés aux pénuries, à la dette et à l’efficience administrative.

Le rapport de  Régis de Laroullière

Performance et efficience de l’action publique

Le rapport que je présente aujourd’hui fait partie d’un ensemble de vingt-deux analyses autonomes. Elles sont réunies dans un ouvrage unique qui cherche à dépasser l’urgence du moment pour inscrire la réflexion dans le temps long. Ce travail, nourri de tribunes publiées dans la presse économique, propose une lecture cohérente des défis qui se dressent devant nous. Le lecteur qui souhaite comprendre l’ensemble de cette démarche pourra se référer à l’ouvrage En route vers les pénuries ? Il y a une alternative…. Dans ce cadre, j’ai choisi de mettre en avant un sujet central : la performance de l’action publique. Cet enjeu reste trop souvent absent des débats sur les finances publiques, la protection sociale ou la souveraineté économique.

Un contexte marqué par des pénuries croissantes

La question n’est plus théorique. Les pénuries se multiplient dans des domaines essentiels. Les ruptures de médicaments deviennent fréquentes. Les déserts médicaux s’étendent. Les délais pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste augmentent. Les hôpitaux sont saturés, et les services d’urgence débordent.

Ces tensions s’aggravent avec une pénurie durable de personnels soignants. La démographie accentue encore cette pression. Les générations du baby-boom arrivent au grand âge, tandis que la population active diminue. Chaque année, le nombre de personnes de plus de 65 ans augmente de 250 000. Cette tendance durera encore quinze ans. Dans le même temps, les naissances reculent. Nous comptons aujourd’hui 660 000 naissances par an, contre 840 000 pendant le baby-boom. Augmenter les numerus clausus ne suffira pas.

Une alternative existe : mobiliser notre réserve de travail

Pourtant, une autre voie est possible. La France dispose d’une réserve de travail importante. Nous pouvons augmenter les taux d’activité des jeunes et des seniors. Nous pouvons réduire le chômage. Nous pouvons aussi, dans une moindre mesure, accroître légèrement la durée annuelle de travail. Mobiliser progressivement ce potentiel pourrait améliorer notre niveau de vie d’environ 15 %. Et cela, sans demander plus d’efforts individuels.

Mais cette alternative ne pourra se concrétiser que si chacun contribue. Le secteur public doit aussi jouer son rôle. Depuis cinquante ans, nous débattons pour savoir si nous avons trop taxé, trop dépensé ou trop redistribué. Cette question n’a pas de réponse simple. Ce qui compte aujourd’hui, c’est de comprendre comment l’action publique peut redevenir un levier de performance, d’efficacité et de souveraineté. C’est là que se joue une part essentielle de notre avenir collectif.

Ce rapport est publié dans un ouvrage collectif consacré aux perspectives économiques et sociales pour les années à venir, disponible en ligne sur le site de la Librairie Détours : https://www.librairie-detours.fr/livre/9782385950842-apres-le-chaos-l-avenir-les-idees-des-meilleurs-think-tanks-pour-2026

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