Le doctorat demeure l’un des engagements intellectuels les plus exigeants. Il représente plusieurs années de recherche, de rigueur méthodologique, de doutes, de lectures, d’expérimentations et de solitude. Le doctorant s’efforce de produire un savoir original, de contribuer à l’avancement de sa discipline, de défendre une thèse qui résulte d’un travail patient et souvent ingrat.
Face à cette réalité, la facilité avec laquelle certains obtiennent un doctorat honorifique interroge. Comment justifier qu’un travail de longue haleine soit symboliquement mis sur le même plan qu’une distinction protocolaire accordée en quelques minutes, parfois pour des raisons de visibilité institutionnelle ?
Ce contraste met en lumière une tension fondamentale entre mérite académique et prestige institutionnel. Il révèle une forme de dévalorisation implicite du travail scientifique, comme si l’université elle‑même peinait à reconnaître la valeur de l’effort intellectuel.
La banalisation des titres honoris causa contribue à brouiller la perception publique du doctorat. Le grand public, peu familier des nuances académiques, ne distingue pas toujours le diplôme obtenu après des années de recherche du titre honorifique remis lors d’une cérémonie. Cette confusion nuit à la crédibilité scientifique, affaiblit la reconnaissance du travail doctoral et renforce l’idée que les titres universitaires peuvent être obtenus sans effort.
Pour restaurer la valeur du doctorat, il est essentiel de réaffirmer la distinction entre travail scientifique et distinction symbolique, et de rappeler que le savoir ne se confond pas avec la notoriété.
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