Candidate surgie là où nul ne l’attendait, Sarah Knafo a déjoué les anticipations les mieux établies autour de l’élection municipale de Paris 2026. Investie par Reconquête, elle s’est imposée en quelques semaines comme une figure désormais incontournable d’une campagne municipale parisienne que l’on croyait verrouillée. Son entrée tardive, loin de la desservir, a créé autour d’elle une curiosité politique singulière, nourrie autant par son image que par les secousses médiatiques qu’elle a provoquées.
Sa robe jaune, devenue un signe distinctif, n’a été que la première note d’une stratégie de visibilité assumée. Les séquences virales — parfois favorables, souvent controversées — ont installé la candidate dans un espace où la rupture et l’audace priment. Cette méthode, qui mêle provocation, maîtrise des codes numériques et sens aigu du moment médiatique, lui a permis de capter une partie d’un électorat en quête de nouveauté, tout en déstabilisant un paysage politique parisien réputé immobile.
L’ambition qu’elle revendique est limpide : renverser la gauche à l’Hôtel de Ville de Paris en fédérant ce qu’elle nomme « l’union des droites », de LR à Reconquête. Une ambition qui, au fil des jours, s’est affirmée avec une assurance croissante, au point de devenir un irritant majeur pour Rachida Dati. La candidate de Reconquête s’est muée en élément perturbateur, en variable imprévue dans une équation que la droite traditionnelle croyait maîtriser.
Les sondages municipaux publiés jusqu’au 13 mars ont confirmé cette dynamique inattendue. Longtemps créditée de moins de 5 % d’intentions de vote, Sarah Knafo a progressivement franchi la barre des 10 %, seuil décisif pour se maintenir au second tour. Sa progression a même ouvert la perspective d’une configuration rare : une quinquangulaire, scénario encore inimaginable quelques semaines plus tôt. Aucun institut ne l’a toutefois placée en position de l’emporter ; mais son maintien, son retrait ou un éventuel ralliement pourraient peser sur l’équilibre final du scrutin, selon les analyses disponibles.
Face à des candidats solidement implantés — Emmanuel Grégoire, premier adjoint sortant ; Rachida Dati, figure centrale de l’opposition municipale ; Sophie Chikirou, députée parisienne — Sarah Knafo a misé sur l’effet de nouveauté. Forte de son rôle dans la campagne présidentielle d’Éric Zemmour en 2022, elle conduit cette fois sa propre stratégie, portée par les thèmes de Reconquête et par une volonté affichée de rompre avec les codes habituels de la politique parisienne.
Ses propositions s’articulent principalement autour de la sécurité à Paris : augmentation des effectifs de police municipale à 8 000 agents, armement généralisé, recours accru à l’intelligence artificielle pour la surveillance. Autant de mesures qui séduisent une partie de l’électorat, mais que plusieurs spécialistes et adversaires jugent difficilement compatibles avec les cadres juridiques et budgétaires actuels.
La candidate promet également une capitale « propre, belle et fluide », tout en annonçant 10 milliards d’euros d’économies. Ce chiffrage, l’un des points les plus contestés de son programme municipal, a suscité de vives critiques. Ses concurrents dénoncent un montage financier irréaliste ; Rachida Dati a résumé cette réserve d’un verdict lapidaire : « Ce n’est ni audible ni crédible. »





