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Municipales 2026 : Delafosse en tête à Montpellier

Un sondage place Michaël Delafosse en tête des municipales 2026 à Montpellier, devant Nathalie Oziol, dans un scrutin marqué par l’abstention et la dispersion des voix.

À Montpellier, la campagne municipale ne se résume pas à une simple photographie des rapports de force. Le sondage Ifop réalisé pour Midi Libre et le Cercle Mozart, qui place Michaël Delafosse largement en tête avec 35 % des intentions de vote, ne fait que confirmer une tendance plus structurelle : la consolidation d’un bloc central, municipaliste et gestionnaire, qui s’est imposé depuis 2020 dans une ville longtemps marquée par les alternances brutales et les aventures politiques singulières.

Le maire sortant bénéficie d’un double avantage. D’abord, celui de l’incumbent : une visibilité permanente, un bilan identifiable, une maîtrise des dossiers locaux. Ensuite, celui d’un positionnement politique qui, dans une ville fragmentée, lui permet de capter un électorat composite — de la gauche modérée aux électeurs pragmatiques séduits par la stabilité. Cette centralité relative explique en partie son avance confortable.

Face à lui, Nathalie Oziol, députée insoumise créditée de 16 %, incarne une autre dynamique : celle d’une gauche protestataire qui, à Montpellier, dispose d’un terreau sociologique réel mais peine à élargir son socle. Sa présence assurée au second tour traduit davantage la solidité de son camp que sa capacité à fédérer au-delà.

L’affaire Quentin Deranque, dont la mort a suscité une onde de choc nationale, a introduit une dimension supplémentaire dans la campagne. En relayant les propos de François Hollande sur la « double responsabilité » de La France insoumise — outrance verbale et proximité avec des groupes militants radicaux — Michaël Delafosse a cherché à rappeler qu’à ses yeux, l’enjeu municipal ne peut être dissocié d’une certaine conception de l’ordre républicain. Ce geste, loin d’être anecdotique, illustre la volonté du maire sortant de se positionner comme le garant d’une forme de stabilité institutionnelle.

Plus bas dans le classement, Philippe Saurel et Mohed Altrad, tous deux à 9 %, incarnent deux mémoires politiques concurrentes : celle d’un ancien maire qui n’a jamais renoncé à son influence locale, et celle d’un entrepreneur devenu figure publique, dont la notoriété dépasse le champ strictement politique. Leur présence rappelle que Montpellier demeure une ville où les personnalités indépendantes peuvent encore troubler le jeu.

France Jamet (RN, 8 %) et Thierry Tsagalos (UDR, 2 %) complètent un paysage où la droite demeure morcelée, sans figure dominante. Quant à Rémi Gaillard, il reste un acteur imprévisible, capable de capter un vote protestataire ou désabusé, et donc de modifier les équilibres du premier tour.

L’abstention, véritable clé de voûte du scrutin

Au-delà des pourcentages, un élément domine l’analyse : l’abstention, qui pourrait être l’arbitre silencieux du scrutin. Montpellier est une ville où la participation varie fortement selon les quartiers, les générations et les cycles politiques. Une mobilisation faible favoriserait mécaniquement les candidats disposant d’un électorat discipliné — un avantage pour Delafosse et Oziol. Une participation plus élevée ouvrirait la porte à des scénarios plus dispersés, voire à des surprises.

Cette incertitude explique la multiplicité des hypothèses de second tour. Le sondage en propose plusieurs, toutes favorables au maire sortant.

  • En triangulaire face à Philippe Saurel et Nathalie Oziol, Michaël Delafosse obtiendrait 50 %, contre 29 % pour l’ancien maire et 21 % pour la députée insoumise.
  • En quadrangulaire intégrant Mohed Altrad, l’équilibre reste similaire : 43 % pour Delafosse, 22 % pour Oziol, 18 % pour Altrad et 17 % pour Saurel.

Ces projections ne traduisent pas seulement une avance arithmétique : elles révèlent la difficulté, pour les oppositions, à construire une alternative cohérente. La fragmentation des candidatures, l’absence d’un leadership unificateur et la concurrence entre anciens édiles et figures émergentes empêchent pour l’instant l’émergence d’un bloc capable de rivaliser avec le maire sortant.

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