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Moines thaïlandais positifs à la méthamphétamine

Temple bouddhiste en Thaïlande après l’exclusion de moines testés positifs à la méthamphétamine.

Dans la province thaïlandaise de Phetchabun, un événement inhabituel a récemment attiré l’attention des autorités comme des fidèles. L’ensemble des moines d’un petit temple bouddhiste du district de Bung Sam Phan a été soumis à un dépistage de drogues. Les tests se sont révélés positifs à la méthamphétamine, une substance dont la consommation progresse fortement dans le pays. Les religieux ont été immédiatement exclus de la vie monastique, une décision rare mais conforme aux règles strictes du clergé bouddhiste.

Le temple, désormais vide, a dû fermer temporairement ses portes. Les habitants des villages voisins se retrouvent ainsi privés de cérémonies de mérite, essentielles dans la pratique bouddhiste quotidienne. Les autorités locales ont indiqué que d’autres moines seraient prochainement envoyés sur place afin de permettre la reprise des rituels. Cependant, cette transition demande du temps, et l’inquiétude demeure parmi les fidèles.

Les quatre religieux concernés, dont l’abbé, ont été transférés dans une clinique spécialisée pour suivre un programme de désintoxication. Selon les responsables du district, cette mesure vise autant à les soigner qu’à éviter toute récidive. Certes, les cas d’usage de stupéfiants dans les temples restent marginaux. Cependant, la situation met en lumière un phénomène plus large : la diffusion rapide de la méthamphétamine dans la société thaïlandaise.

La drogue, connue localement sous le nom de ya ba, se présente sous forme de petites pilules bon marché. Elles se vendent parfois moins cher qu’un café et sont consommées en les chauffant dans du papier aluminium avant d’en inhaler les vapeurs. L’effet recherché est une stimulation intense, mais les risques sont nombreux : hypertension, troubles cardiaques, accidents vasculaires. Pendant des années, ces pilules ont circulé librement et étaient même utilisées par certains chauffeurs routiers pour rester éveillés. Leur interdiction, dans les années 1970, n’a pas suffi à enrayer leur diffusion.

La Thaïlande fait face depuis plusieurs années à une hausse marquée de la consommation de méthamphétamine, alimentée par des réseaux régionaux et par une production en forte augmentation dans les pays voisins. Les autorités multiplient les opérations de contrôle, y compris dans les zones rurales. Pourtant, la découverte de moines impliqués dans l’usage de cette drogue rappelle que le phénomène touche désormais toutes les couches de la société.

L’affaire de Bung Sam Phan a suscité un mélange de stupeur et de malaise. Elle interroge sur la pression sociale, l’isolement de certains temples et la difficulté à maintenir une discipline stricte dans un contexte où les drogues circulent largement. Néanmoins, les autorités religieuses ont réagi rapidement, et la communauté locale espère que l’arrivée de nouveaux moines permettra de tourner la page.

Cet épisode, aussi surprenant soit‑il, illustre une réalité plus vaste : la lutte contre les stupéfiants en Thaïlande ne se limite plus aux grandes villes ou aux réseaux criminels. Elle concerne désormais des lieux que l’on pensait préservés, et oblige le pays à repenser ses stratégies de prévention et d’accompagnement.

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