Il est des trajectoires qui s’imposent par leur cohérence intime. Celle d’Hannah Shvets, figure montante de l’engagement citoyen à Ithaca, appartient à cette catégorie. Installée dans la ville depuis 2016, elle a grandi au cœur d’une communauté traversée par les tensions économiques, la crise du logement, et les profondes inégalités sociales qui marquent aujourd’hui nombre de villes américaines. Étudiante en troisième année à la prestigieuse Cornell University, au sein de l’École des relations industrielles et du travail (ILR), elle incarne une génération qui refuse de dissocier savoir académique et responsabilité civique.
C’est au lycée d’Ithaca, dans les colonnes du Tattler, qu’elle a d’abord fait entendre sa voix. Une voix jeune mais déjà déterminée, qui dénonçait les injustices locales et interrogeait les angles morts d’une ville souvent présentée comme un bastion progressiste. À travers ses premiers articles, elle posait les bases d’un activisme qui n’a cessé de se structurer.
Son engagement s’est ensuite déployé dans les organisations qui façonnent la vie politique locale et la défense des droits des travailleurs : le Syndicat des locataires d’Ithaca, l’Association des enseignants, la section locale 2300 de l’UAW, Ithaca DSA/Cornell YDSA, le Parti des familles travailleuses du comté de Tompkins ou encore la Coalition pour une cause juste. Dans ces espaces, elle a appris la rigueur des campagnes de terrain, l’importance du travail collectif et la patience nécessaire à toute action durable. Porte‑à‑porte, rédaction de tribunes, organisation de campagnes, soutien aux travailleurs : son engagement est concret, quotidien, enraciné.
Aujourd’hui, au Centre des travailleurs du comté de Tompkins, elle assure la permanence téléphonique dédiée aux droits des travailleurs, un poste d’observation privilégié des difficultés rencontrées par les familles de la communauté d’Ithaca. Elle y mesure chaque jour les effets de la précarité, de la hausse des loyers et de la fragilisation du tissu social.
Si Hannah Shvets se présente au conseil municipal d’Ithaca, c’est parce qu’elle a vu de près les conséquences de la crise du logement sur les familles travailleuses. Elle porte une vision claire : faire d’Ithaca une ville plus abordable, plus juste, plus inclusive, où les politiques publiques répondent réellement aux enjeux du logement, de l’emploi, des infrastructures et de l’environnement. Elle défend une démocratie locale qui protège tous ses habitants, indépendamment de leur statut migratoire, de leur origine, de leur genre ou de leur situation économique.
Hannah Shvets appartient à cette génération qui ne se contente pas d’observer les mutations du monde : elle entend y prendre part. Avec une détermination calme, une lucidité rare et la conviction que l’action publique peut encore transformer la vie des gens. Elle ne promet pas des miracles, mais un travail constant, une écoute réelle et une fidélité à une idée simple : une ville doit être un lieu où l’on peut vivre dignement.





