Les ministres de l’Agriculture de l’Union européenne se sont retrouvés aujourd’hui pour une réunion extraordinaire, convoquée à l’initiative de la Commission européenne et de la ministre chypriote Maria Panayiotou, dont le pays assure la présidence du Conseil. Autour de la table, les commissaires Hansen, Šefčovič et Várhelyi représentaient l’exécutif européen, témoignant de l’importance stratégique accordée à ce rendez‑vous.
Car l’enjeu est immense. À l’heure où l’agriculture redevient un pilier de la souveraineté européenne, les Vingt‑Sept ont dressé un état des lieux sans fard : un secteur agroalimentaire qui pèse des millions d’emplois, une valeur ajoutée décisive pour la compétitivité du continent, mais aussi des agriculteurs confrontés à une volatilité croissante des marchés mondiaux, à l’incertitude géopolitique et à une pression économique qui ne cesse de s’intensifier.
Les ministres ont ainsi partagé leurs attentes pour 2026, dans un climat mêlant lucidité et urgence. Tous s’accordent sur la nécessité de préserver la compétitivité des exploitations européennes, menacée par la flambée des coûts, les distorsions de concurrence et la dépendance persistante à certaines importations stratégiques.
Consciente de ces tensions, l’Union européenne assure vouloir agir. Plusieurs axes de travail ont été confirmés :
- Soutien à la PAC : garantir un budget solide et un cadre financier pluriannuel ambitieux pour l’après‑2027.
- Engrais : améliorer l’accès, réduire les coûts, renforcer la production européenne et limiter les dépendances extérieures.
- Compétitivité mondiale : défendre des conditions de concurrence équitables et une véritable réciprocité dans les échanges.
- Simplification : poursuivre la réduction des charges administratives qui pèsent sur les agriculteurs.
Au‑delà des mesures techniques, un message domine : la sécurité alimentaire est désormais indissociable de la sécurité stratégique de l’Europe. Assurer l’avenir de l’agriculture européenne, c’est garantir la stabilité du continent.
L’Union se dit prête à intervenir, à court comme à long terme, pour défendre ses intérêts agricoles, protéger ses producteurs et affirmer sa vision d’une alimentation durable, compétitive et souveraine. Une promesse qui, dans le contexte actuel, sonne comme un impératif politique autant qu’économique.






