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Afrique : des partenaires, pas des prédateurs

L’Afrique refuse les logiques prédatrices et exige des partenariats transparents, durables et respectueux de sa souveraineté dans la compétition mondiale.

Depuis une décennie, l’Afrique est redevenue l’un des centres de gravité de la compétition mondiale. Ses ressources minérales, son potentiel démographique, ses terres agricoles, ses marchés urbains en expansion attirent toutes les convoitises. Les grandes puissances s’y pressent, souvent avec des stratégies offensives, parfois avec des méthodes brutales. Mais un fait demeure : l’Afrique n’est plus un terrain de chasse. Elle est un acteur souverain, conscient de sa valeur, et déterminé à choisir ses partenaires plutôt que de subir ses prédateurs.

Ce changement de paradigme, trop souvent ignoré en Europe ou en Amérique du Nord, est pourtant décisif. Les sociétés africaines évoluent, les opinions publiques s’affirment, les gouvernements arbitrent avec davantage de lucidité. L’époque où l’on pouvait imposer des contrats opaques, des concessions léonines ou des dépendances structurelles touche à sa fin. L’Afrique ne veut plus être exploitée : elle veut être respectée.

Un continent qui revendique sa souveraineté

Les États africains ne sont plus les acteurs fragiles et isolés des années 1980. Ils négocient, comparent, diversifient leurs alliances. Ils savent que leurs ressources — cobalt, lithium, gaz, terres rares, énergie solaire — sont stratégiques pour la transition énergétique mondiale. Ils savent aussi que leur stabilité politique et leur croissance démographique leur donnent un poids inédit.

Dans ce contexte, les puissances qui continuent d’aborder l’Afrique avec une logique extractive commettent une erreur stratégique. Elles sous‑estiment la capacité des sociétés africaines à sanctionner les abus, à dénoncer les ingérences, à rejeter les partenariats toxiques. Elles oublient que la légitimité internationale se construit désormais sur la transparence, la réciprocité et le respect mutuel.

Les prédateurs avancent vite, mais la confiance se construit lentement

Certains acteurs internationaux proposent des financements rapides, des infrastructures clés en main, des contrats sans condition. Leur efficacité apparente séduit, mais leurs méthodes laissent des traces : endettement massif, dépendance technologique, dégradation environnementale, corruption, perte de souveraineté.

Ces stratégies peuvent produire des gains immédiats, mais elles détruisent la confiance. Et sans confiance, aucun partenariat durable n’est possible.

L’Afrique observe, compare, et tire les leçons. Les populations, mieux informées, dénoncent les projets qui ne profitent qu’aux élites ou qui sacrifient l’environnement local. Les gouvernements eux‑mêmes savent que la stabilité politique dépend de la qualité des alliances, pas seulement de leur rapidité.

Ce que l’Afrique attend réellement

Les attentes africaines sont claires, constantes, et désormais assumées :

  • des investissements qui créent de l’emploi local,
  • des transferts de compétences,
  • des infrastructures durables,
  • des contrats transparents,
  • des retombées fiscales équitables,
  • une prise en compte des enjeux environnementaux,
  • un respect strict de la souveraineté nationale.

Autrement dit : des partenaires, pas des prédateurs.

Les pays qui sauront répondre à ces attentes seront les alliés de demain. Les autres seront rejetés, tôt ou tard, par les opinions publiques ou par les urnes.

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