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2025, l’année où l’Afrique a changé d’échelle

L’année 2025 aura marqué un tournant pour l’Afrique, tant par les avancées qu’elle a su arracher que par les obstacles qui ont freiné son élan. Le continent a donné l’image d’un espace en mouvement, déterminé à s’affirmer sur la scène internationale, tout en demeurant exposé aux secousses d’un environnement géopolitique instable. À bien des égards, 2025 aura été l’année des contrastes, celle d’une Afrique qui progresse, mais dont la marche reste entravée par des forces extérieures sur lesquelles elle n’a que peu de prise.

La montée en puissance de la Zone de libre‑échange continentale africaine (ZLECAf) a constitué l’un des faits majeurs de l’année. Pour la première fois, l’intégration économique africaine a cessé d’être un horizon lointain pour devenir une réalité tangible. Les échanges intra‑africains se sont intensifiés, les barrières tarifaires ont reculé, et l’idée d’un marché continental cohérent a gagné en crédibilité. Cette dynamique a nourri l’espoir d’une souveraineté économique accrue, portée par une jeunesse entreprenante et par des États désireux de réduire leur dépendance aux marchés extérieurs. L’Afrique a ainsi montré qu’elle pouvait être actrice de son propre destin, capable de bâtir des chaînes de valeur régionales et de défendre ses intérêts dans un monde fragmenté.

Sur le plan politique, 2025 a été jalonnée d’élections nationales décisives dans plusieurs pays. Ces scrutins ont révélé une Afrique plurielle, traversée par des aspirations parfois contradictoires : quête de stabilité, désir de renouveau, exigence de transparence. Dans certaines nations, les urnes ont confirmé une maturité démocratique croissante ; dans d’autres, elles ont mis en lumière les tensions persistantes entre institutions fragiles et sociétés civiles de plus en plus mobilisées. Mais partout, la participation citoyenne a témoigné d’une volonté de peser sur l’avenir collectif, signe d’une conscience politique en pleine expansion.

L’événement le plus symbolique de l’année demeure sans doute l’organisation, par l’Afrique du Sud, du premier sommet du G20 jamais tenu sur le continent. Ce moment historique a consacré la place grandissante de l’Afrique dans la gouvernance mondiale. Pour la première fois, les grandes puissances économiques se sont réunies en Afrique non pour évoquer ses crises, mais pour écouter ses priorités : industrialisation, transition énergétique, sécurité alimentaire, financement du développement. Cette reconnaissance, longtemps attendue, a offert au continent une tribune inédite pour affirmer ses ambitions.

Mais ces avancées ont été contrebalancées par des décisions venues d’ailleurs. L’Afrique a dû affronter une réduction drastique de l’aide internationale américaine, conséquence d’un recentrage stratégique à Washington. Plusieurs programmes humanitaires et de développement s’en sont trouvés fragilisés, rappelant la vulnérabilité persistante du continent face aux fluctuations de la politique étrangère des grandes puissances. À cela se sont ajoutés de nouveaux droits de douane, qui ont pénalisé des secteurs clés et mis à l’épreuve la résilience économique de nombreux États.

Un continent en pleine affirmation, mais encore soumis à des forces extérieures qui limitent son autonomie. Une Afrique ambitieuse, inventive, résiliente, mais qui avance souvent à contre‑courant. Une Afrique qui n’est plus spectatrice, sans être encore pleinement maîtresse de son destin. C’est dans cette tension, entre puissance émergente et fragilités persistantes, que se joue son avenir.

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