Une décision qui secoue Rome
À Rome, une décision rare a provoqué un vif émoi : les funérailles catholiques du musicien Bruno Battisti D’Amario ont été annulées à la dernière minute. Le cardinal Baldassarre Reina, vicaire général du pape Léon XIV pour le diocèse de Rome, a refusé l’autorisation de célébrer la messe après consultation du service juridique diocésain. Une décision exceptionnelle, prise alors que tout était déjà prêt pour la cérémonie.
Un hommage qui semblait acquis
Décédé le 5 août à 88 ans, Bruno Battisti D’Amario devait être honoré dans la basilique Santa Maria in Montesanto, l’« église des Artistes », située Piazza del Popolo. L’édifice, habituellement fermé en août, devait même être ouvert spécialement pour accueillir l’hommage. La célébration avait été acceptée, les préparatifs lancés, et la communauté artistique italienne s’apprêtait à saluer l’un de ses maîtres.
Car D’Amario n’était pas un musicien ordinaire. Professeur de guitare classique au Conservatoire San Pietro a Majella de Naples, il a marqué l’histoire du cinéma italien grâce à sa collaboration avec Ennio Morricone. Sa guitare accompagne des bandes originales devenues mythiques : Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le Bon, la Brute et le Truand, Il était une fois dans l’Ouest. Une œuvre immense, inscrite dans la mémoire collective.
Le guitariste derrière les chefs‑d’œuvre de Morricone
Mais après sa mort, une autre dimension de son parcours a été mise en lumière. Un communiqué publié en hommage au musicien a révélé son engagement dans une structure initiatique italienne, ainsi que les responsabilités importantes qu’il y avait exercées. Cette information, rendue publique, a conduit Mgr Antonio Staglianò à consulter le cardinal Reina. Celui-ci, après avis juridique, a estimé qu’il ne pouvait autoriser la célébration de la messe de funérailles.
L’annulation, intervenue alors que la cérémonie était déjà organisée, souligne la rigueur du diocèse de Rome dans l’application des normes canoniques. Elle pose aussi une question sensible : comment concilier l’hommage dû à une figure culturelle majeure et le respect strict des règles de l’Église ? Dans ce cas précis, la discipline canonique a prévalu, laissant une impression de rupture entre reconnaissance artistique et cadre religieux.






