Dans l’univers biblique, peu de mots ont suscité autant de débats que Élohim. Présent plus de 2 500 fois dans l’Ancien Testament, ce terme hébreu intrigue par sa forme plurielle et par la diversité des réalités qu’il désigne. Dieu unique, êtres célestes, puissances spirituelles… Les Élohims occupent une place centrale dans la pensée religieuse du Proche‑Orient ancien. Cet article propose une lecture claire et contextualisée de ce concept fondamental.
Un pluriel pour désigner le Dieu unique d’Israël
Le mot Élohim (אֱלֹהִים) est grammaticalement un pluriel, signifiant littéralement « dieux ». Pourtant, dans la majorité des textes bibliques, il désigne le Dieu unique d’Israël, comme dans la Genèse : « Au commencement, Élohim créa les cieux et la terre. »
Le verbe « créa » est au singulier, ce qui montre que le pluriel n’exprime pas une multiplicité de dieux, mais une intensité, une majesté, ou une plénitude de puissance. Les spécialistes parlent de pluriel de majesté, un procédé linguistique courant dans les langues sémitiques.
Un terme qui peut aussi désigner des êtres divins
Selon le contexte, Élohim peut désigner :
- des dieux étrangers, comme Baal ou Astarté ;
- des êtres célestes, proches de ce que la tradition appellera plus tard les anges ;
- des puissances spirituelles ou des « esprits » ;
- parfois même des juges ou des rois, lorsque leur autorité est considérée comme dérivant de Dieu.
Dans ces usages, Élohim ne renvoie pas au Dieu suprême, mais à des êtres appartenant au domaine du divin, au sens large.
La cour céleste : un monde spirituel structuré
La théologie hébraïque antique ne décrit pas un univers spirituel uniforme. Elle distingue :
- un Dieu suprême, YHWH, appelé Élohim ;
- une cour céleste, composée d’êtres divins subordonnés.
Cette vision est cohérente avec les cosmologies du Proche‑Orient ancien, où les divinités majeures sont entourées de conseils célestes. Dans la Bible, ces êtres peuvent être appelés élohim, mais ils ne possèdent ni la puissance, ni l’autorité, ni la singularité du Dieu d’Israël.
Les Élohims ne sont pas des extraterrestres : une clarification nécessaire
Certaines interprétations modernes — notamment inspirées par des lectures pseudo‑scientifiques ou ésotériques — présentent les Élohims comme des êtres venus d’ailleurs, voire comme des civilisations extraterrestres ayant influencé l’humanité. Ces théories ne reposent sur aucune source biblique, ni sur aucune tradition juive ou chrétienne.
Dans les textes anciens, les Élohims sont des réalités spirituelles, non matérielles, inscrites dans une vision religieuse du monde.






