Dans un moment décisif pour l’avenir de l’agriculture française, alors que la moitié des agriculteurs partiront à la retraite d’ici 2030, le Gouvernement choisit de placer les femmes au cœur de la stratégie de renouvellement des générations. Ce choix n’est pas symbolique : il est vital. Aujourd’hui, les agricultrices ne représentent qu’un quart des chefs d’exploitation et moins d’un tiers des actifs agricoles permanents, alors même qu’elles sont indispensables à la vitalité des territoires ruraux et à la souveraineté alimentaire du pays.
C’est dans ce contexte qu’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro‑alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, présente un plan national ambitieux, articulé autour de 41 mesures concrètes. L’objectif est clair : rendre les femmes visibles, leur donner les moyens d’agir, et lever les obstacles qui freinent encore leur engagement dans les métiers agricoles.
Le premier axe vise à changer les représentations. Pour susciter des vocations, il faut montrer des visages, raconter des parcours, donner à voir la diversité des femmes qui font vivre l’agriculture. Le ministère publiera chaque mois un portrait d’agricultrice, garantira une représentation paritaire dans toutes les campagnes de communication, et expérimentera dès 2026 un logo « femmes agri » sur certains produits. Le 8 mars deviendra une journée nationale dédiée à l’agriculture au féminin, pour inscrire durablement cette visibilité dans l’espace public.
Le deuxième axe mobilise l’école comme levier d’égalité. À partir de 2026, tous les personnels éducatifs seront formés à la lutte contre les préjugés de genre. Chaque élève bénéficiera d’une sensibilisation à l’égalité, un mentorat « 1 agricultrice / 1 élève » sera lancé, et les formations agricoles intégreront des modules dédiés à l’entrepreneuriat féminin. L’enjeu est de taille : ouvrir l’horizon professionnel des jeunes filles, mais aussi transformer les mentalités dès le plus jeune âge.
Enfin, le troisième axe s’attache à améliorer concrètement la vie des agricultrices. La MSA informera systématiquement les femmes de leurs droits liés à la grossesse, le service de remplacement sera renforcé et mieux adapté aux contraintes du terrain, le congé paternité sera davantage promu, et un soutien accru sera apporté aux modes de garde en milieu rural. Autant de mesures qui répondent à une réalité trop souvent passée sous silence : la charge mentale et logistique qui pèse sur les femmes dans les exploitations.
Ce plan marque une étape importante : il reconnaît que l’avenir de l’agriculture française dépend aussi de sa capacité à devenir plus inclusive, plus juste et plus attractive. Il affirme que les agricultrices ne sont pas une exception, mais une force. Et il rappelle que la souveraineté alimentaire ne se construira pas sans elles.






