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Raphaël Arnault, un militant antifasciste devenu député : parcours d’une figure de l’extrême gauche

Portrait de Raphaël Arnault en situation publique, debout ou en déplacement, dans un cadre urbain ou institutionnel. L’image évoque son engagement antifasciste, son parcours militant et son rôle de député, dans une atmosphère sobre et journalistique.

Raphaël Arnault, né le 8 janvier 1995 à Lyon, s’est imposé en quelques années comme l’un des visages les plus commentés du militantisme antifasciste en France. Issu du quartier de la Croix‑Rousse, il grandit dans une famille de gauche non militante, ce qui ne l’empêche pas de se politiser très tôt. Il découvre l’engagement au sein d’ATTAC, organisation altermondialiste emblématique, où il se familiarise avec les ressorts de l’action citoyenne. Certes, rien ne le prédestinait à devenir une figure nationale de l’extrême gauche, autant plus que son parcours s’est construit loin des structures partisanes traditionnelles.

Son éveil politique s’accélère en 2010 lorsqu’il accompagne sa mère enseignante dans les manifestations contre la réforme des retraites. Il dit y avoir observé des militants d’extrême droite effectuer des saluts nazis, scène qui le marque durablement. Trois ans plus tard, la mort de Clément Méric, jeune militant antifasciste tué lors d’une rixe, agit comme un choc générationnel. Arnault, né un an avant lui, s’identifie à ce destin brisé et s’engage davantage. Il fréquente alors les jeunesses communistes, les librairies anarchistes lyonnaises, puis rejoint le Nouveau Parti anticapitaliste, notamment lors des mobilisations contre la loi Travail en 2016. Ce cheminement le conduit progressivement vers un antifascisme de terrain, frontal, assumé.

En janvier 2018, il cofonde à Lyon la Jeune Garde antifasciste, un collectif d’extrême gauche qui entend structurer la riposte face aux groupes violents d’extrême droite. Il en devient le porte‑parole, rôle qui l’expose médiatiquement et l’installe comme l’un des acteurs les plus visibles de ce militantisme. L’organisation se fait connaître pour sa présence lors de contre‑manifestations et pour des affrontements avec des militants d’extrême droite. Arnault est cité comme témoin dans plusieurs rixes, sans qu’il soit établi qu’il y ait lui-même participé. Cependant, sa notoriété s’accroît en septembre 2021 lorsqu’il est agressé à Paris‑Gare‑de‑Lyon par des membres des Zouaves Paris, groupe d’extrême droite depuis dissous.

En mai 2022, il quitte son rôle de porte‑parole de la Jeune Garde pour se présenter aux élections législatives. Il exerce alors la profession d’assistant d’éducation à Lyon, métier qui le maintient au contact du quotidien social. Néanmoins, son entrée en politique institutionnelle se confirme en 2024 lorsqu’il est élu député La France insoumise – Nouveau Front populaire dans la première circonscription de Vaucluse. Ce passage de la rue à l’hémicycle marque une étape décisive dans la trajectoire d’un militant devenu acteur politique, désormais chargé de traduire ses engagements dans le cadre parlementaire.

Le 12 juin 2025, la Jeune Garde est dissoute en Conseil des ministres. Raphaël Arnault annonce aussitôt son intention de saisir le Conseil d’État pour contester cette décision, qu’il juge infondée et attentatoire à la liberté d’association. Cette nouvelle séquence ouvre un front juridique et politique supplémentaire, prolongeant dans l’arène institutionnelle les combats qu’il menait jusque‑là sur le terrain. Néanmoins, cette affaire illustre aussi la tension persistante entre l’État et les mouvements issus de l’antifascisme radical, tension qui accompagne depuis plusieurs années la montée en visibilité de ces collectifs.

Ainsi se dessine le parcours d’un jeune homme devenu, en moins d’une décennie, l’une des figures les plus observées de la gauche radicale française. Entre militantisme de rue, affrontements idéologiques et engagement parlementaire, Raphaël Arnault incarne une génération pour laquelle la frontière entre action directe et politique institutionnelle se révèle plus poreuse que jamais.

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