La destruction symbolique d’une voiture de police lors d’un spectacle, même en carton, ne peut être réduite à une simple provocation artistique ou à une scène anodine. Ce type de représentation porte un message clair : celui du rejet de l’autorité républicaine, de la banalisation de la violence et de la glorification du chaos. Il est de notre responsabilité collective de le dénoncer avec fermeté.
Où est cette jeunesse que l’on dit éclairée, connectée, progressiste, humaniste ? Où est-elle lorsque l’on applaudit des scènes qui tournent en dérision celles et ceux qui assurent quotidiennement la sécurité de tous, souvent au péril de leur vie ? Peut-on sérieusement prétendre défendre la liberté en légitimant la destruction de ce qui garantit l’ordre public et la protection des plus faibles ?
En tant que parent, mais aussi en tant que citoyen profondément attaché aux valeurs républicaines, je ressens une inquiétude sincère face à la lente dégradation de notre cadre commun. Une génération entière a travaillé, produit, contribué et partagé pour bâtir une société stable, solidaire, dotée de services publics forts. Elle a transmis des valeurs essentielles : le respect des autres, le sens de l’effort, l’attachement aux institutions qui structurent notre vivre-ensemble.

Car ces institutions ne sont pas des abstractions. Ce sont celles que nous sollicitons chaque jour, celles vers lesquelles nous nous tournons lorsque survient le danger, lorsque la violence frappe, lorsque l’injustice menace. Les attaquer symboliquement, c’est fragiliser le pacte social tout entier.
Certains invoquent encore l’héritage de 1968 et le slogan « il est interdit d’interdire ». Mais ce mot d’ordre, vidé de son contexte historique, est aujourd’hui instrumentalisé par des groupes idéologiques qui prospèrent sur la défiance, l’anomie et le rejet systématique de toute règle. Or une société sans règles n’est pas une société libre : c’est une société brutale, dominée par la loi du plus fort.
Oui, une société démocratique a besoin de règles, de limites et d’interdits. Non pour opprimer, mais pour protéger. Non pour restreindre les libertés, mais pour les rendre possibles. L’ordre républicain n’est pas l’ennemi de l’humanisme : il en est la condition.
Il est temps que la jeunesse se lève, non pour applaudir la destruction, mais pour refuser ces dérives dangereuses. Qu’elle se lève pour une contestation responsable, pour une liberté exigeante, pour une République qui protège sans faiblir. Car tolérer le chaos aujourd’hui, c’est accepter la violence de demain.






