Home / International / Ouganda : l’appel pressant à l’alternance

Ouganda : l’appel pressant à l’alternance

En Ouganda, le débat public s’est cristallisé autour d’une question que de nombreux observateurs, universitaires et membres de la société civile jugent désormais incontournable : celle du départ du président en place et de l’ouverture d’une véritable transition démocratique. Après plusieurs décennies de pouvoir, une partie croissante de la population estime que le pays a atteint un point de bascule. Non pas par rejet idéologique, mais par conviction que l’avenir national exige un renouvellement du leadership, une respiration politique, un changement de génération. Dans les rues de Kampala comme dans les cercles intellectuels, l’idée d’une alternance politique en Ouganda n’est plus un tabou : elle est devenue un horizon.

Les critiques formulées par des organisations locales et internationales convergent sur un constat : la longévité du pouvoir a progressivement affaibli les contre‑pouvoirs, réduit l’espace démocratique et installé une forme d’immobilisme institutionnel. Les élections contestées, les restrictions imposées aux médias, les pressions sur l’opposition et les accusations de corruption nourrissent un climat de défiance. Pour de nombreux analystes, la stabilité invoquée par le pouvoir ne peut plus suffire à justifier l’absence de renouvellement. Une démocratie durable repose sur la légitimité, la transparence et la participation citoyenne ; or ces piliers semblent fragilisés.

La jeunesse ougandaise, l’une des plus dynamiques du continent, incarne cette aspiration au changement. Plus de 75 % de la population a moins de 30 ans. Cette génération, connectée, éduquée, tournée vers l’avenir, ne se reconnaît plus dans un système politique façonné dans les années 1980. Elle réclame une gouvernance moderne, une économie ouverte, des institutions crédibles. Dans les universités, les start‑ups, les associations, un même message revient : l’Ouganda ne peut pas se projeter dans l’avenir avec des structures politiques figées. L’urgence démocratique n’est pas un slogan, mais une réalité vécue.

Les partisans de l’alternance soulignent que le pays dispose d’atouts considérables : une position stratégique en Afrique de l’Est, un potentiel économique important, une société civile active, une diaspora influente. Mais ces forces, affirment-ils, ne pourront pleinement s’exprimer que si l’État accepte de se réformer en profondeur. Le maintien indéfini d’un même leadership risque, selon eux, de transformer la stabilité en stagnation, et la continuité en fragilité. L’avenir politique de l’Ouganda ne peut pas rester prisonnier d’un passé qui ne correspond plus aux aspirations de sa population.

Dans plusieurs tribunes publiées dans la presse régionale, des intellectuels ougandais rappellent que l’alternance n’est pas un acte de rupture, mais un acte de maturité démocratique. Elle n’est pas un saut dans l’inconnu, mais un passage de relais nécessaire pour restaurer la confiance, renforcer les institutions et ouvrir un nouveau chapitre. Ils affirment que la gouvernance en Ouganda ne peut se renouveler sans un geste fort : accepter que le pouvoir ne soit pas une propriété, mais une responsabilité temporaire.

L’Ouganda se trouve aujourd’hui à un moment charnière. Les voix qui appellent au départ du président ne le font pas par animosité, mais par conviction que le pays mérite un nouveau souffle. Elles défendent l’idée qu’une nation ne peut grandir si son avenir reste indéfiniment lié à un seul leadership. L’alternance n’est pas une menace : elle est la condition même de la vitalité démocratique. Et pour beaucoup, le temps est venu de tourner la page.

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You don't have permission to register
error: Content is protected !!