Comment un groupe sahélien, né de logiques d’autodéfense locale, a‑t‑il pu évoluer vers la criminalité transnationale et l’extrémisme violent ? Ce rapport analyse l’ascension du groupe Lakurawa dans le nord‑ouest du Nigeria, à proximité des frontières du Niger et du Bénin, et met en lumière les dynamiques qui ont favorisé sa transformation.
Issu de réseaux opérant entre le Mali et le Niger, Lakurawa s’est d’abord structuré autour de mécanismes d’autoprotection communautaire et de références religieuses instrumentalisées. Au fil des années, il s’est mué en un acteur transfrontalier hybride, mêlant pratiques djihadistes, activités criminelles et contrôle territorial opportuniste.
Profitant de la faiblesse de la gouvernance locale, de la pauvreté chronique et de l’insécurité persistante, le groupe exploite le discours religieux pour légitimer ses exactions. Ses opérations incluent notamment :
- le vol de bétail,
- le pillage des récoltes,
- le sabotage d’infrastructures pétrolières et d’hydrocarbures,
- ainsi que diverses formes de prédation économique.
Les tensions se sont récemment intensifiées avec l’émergence d’affrontements entre Lakurawa et une faction de Boko Haram, accentuant encore la volatilité sécuritaire dans cette zone déjà fragile. Cette rivalité entre groupes extrémistes accroît les risques pour les populations locales et complique davantage la réponse sécuritaire.
Face à cette menace mouvante, une stratégie transfrontalière coordonnée, intégrant sécurité, développement, gouvernance locale et coopération régionale, apparaît indispensable. Seule une approche multidimensionnelle permettra de contenir l’expansion de Lakurawa et de renforcer la résilience des communautés affectées.






